mardi 1 janvier 2008

Flims, sélection 2007 Part I

Souvenez-vous, je vous avais assommé l’année dernière avec mes 49 critiques de flims, volume 1, volume 2, et volume 3. Puisque personne ne s’est vraiment plaint, j’ai décidé de récidiver et vous propose pour ce début d'année 2008 non pas 49, mais 52 mini-critiques, sur le même principe. Moins de bouses visionnées par rapport à 2006, une carte Gaumont fièrement rentabilisée, ça va, j’ai assuré. Je reprendrais bien du rabe de ce délicieux tiramisu au Cognac pour me récompenser.

Je suis une légende -- Francis Lawrence -- 7/10
Frimeur - Une histoire de vampire parfois drôle, souvent terrifiante, qui aurait mérité une fin moins mystico-chrétienne et un vrai parti pris sur l'esthétique, tantôt onirique, tantôt m'as-tu-vu.

La Nuit nous appartient -- James Gray -- 8,5/10
Cornélien - Règlement de comptes entre mafieux russes et une famille de flics condamnée d'avance. Sincère, psychologique, dramatique, touchant et vif à la fois.

L'Homme sans âge -- Francis Ford Coppola -- 8,5/10
Enivrant - Les délires de notre ami Coppola sont rarement très cartésiens, mais il en émane souvent une atmosphère aussi troublante que fascinante. On ne comprend pas tout, mais le charme agît.

American Gangster -- Ridley Scott -- 9/10
Poignant - Portraits croisés entre un trafiquant de drogue hors norme et un flic perfectionniste. Au-delà de l'aspect biographique parfaitement exécuté, c'est aussi l'histoire de la brigade des stups de NYC qui est dépeinte ici, sous fond de guerre au Vietnam et scandale judiciaire. Sans compromis.

Les Promesses de l'ombre -- David Cronenberg -- 7,5/10
Anecdotique - Un sympathique film sur la mafia russe qui n'arrive pas à se hisser au niveau auquel nous a habitué David Cronenberg, sans être nul pour autant.

Le Rêve de Cassandre -- Woody Allen -- 9/10
Tragi-comique - Deux frères paumés bourrés de vilains défauts se mettent dans la panade et s'enfoncent... jusqu'au bout. On les plaint, mais on en rit aussi, grâce à quelques ressorts bien sentis, tout en finesse. C'est tout le talent Woody Allen, n'est-ce pas ?

Le Dernier gang -- Ariel Zeitoun -- 7,5/10
Banlieusard - Librement inspiré de l'histoire du gang des postiches, le Dernier Gang arrive à nous surprendre par le jeu des acteurs, l'atmosphère de la bande, et nous replonge au cœur des années 80, dans le Paris des petits voyous devenus grands.

L'Etrange Noël de M. Jack (3D) -- Henry Selick -- 2/10
Cul-cul - Les lunettes 3D ne peuvent pas métamorphoser ce sommet de mièvrerie à la musique assourdissante et pauvre au possible. L'esthétique graphique est pourtant si incroyable... Mais c'est quoi exactement son problème à Tim Burton ?

Paranoid Park -- Gus Van Sant -- 8/10
Distancié - Dans la lignée de "Elephant", mais nettement plus réussi. Une fresque sur l'adolescence américaine, tendre et dure à la fois. Sans manichéisme.

Michael Clayton -- Tony Gilroy -- 9/10
Responsable - A propos la responsabilité individuelle. Engagé, subtil, psychologique, à ne pas rater.

Lagerfeld Confidentiel -- Rodolphe Marconi -- 8/10
Libre - Un documentaire sur Karl Lagerfeld. Il en dégage un vent de liberté atypique, une bouffée d'oxygène, bien au-delà de la caricature habituellement desservie sur le milieu de la mode. Contient d’intéressants propos sur les processus de création et des monologues amusants.

L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford -- Andrew Dominik -- 7,5/10
Légendaire - Un western sensible qui pose diverses questions sur la médiatisation, le mythe et la trahison, mais qui traîne un peu des pieds. Malgré que je n’aie pas réussi à complètement accrocher, il faut reconnaître au film une esthétique intéressante.

Un jour sur Terre -- Alastair Fothergill -- 4/10
Cosmétique - Quelques scènes animalières dont il faut admettre qu'elles émeuvent par leur beauté, mais un enrobage écolo-démonstratif bien lourd, à mille lieux de Microcosmos.

7h58 ce samedi-là -- Sidney Lumet -- 9/10
Désespéré - Une sordide histoire de pognon, de famille et de braquage, au sommet du tragique. La misère humaine, sans exagération, mépris pour la vie, violence presque ordinaire. Remuant.

99 F -- De Jan Kounen -- 8/10
Vendeur - Une comédie française assez efficace qui dresse un cruel portrait du milieu de la pub, et c'est tant mieux. Même si la fin est un peu lourdingue, le tout se tient, fait rire, et remet en question de façon légère les principes de la société de consommation.

Shoot'Em Up -- Michael Davis -- 6,5/10
Végétarien - Cela aurait pu être un film sympa si l'action était un peu mieux utilisée, et les gags un peu plus drôles. Certaines scènes arrivent à divertir malgré tout. Pourquoi végétarien ? A vous de découvrir...

28 semaines plus tard -- Juan Carlos Fresnadillo -- 7/10
Horrifique - Des zombies, du suspens, des sursauts. Ça fout les jetons mais ça n'en fait pas un film inoubliable pour autant. La preuve, je ne me souviens pas de grand-chose, sauf le poids de la culpabilité qui accable un des personnages, là où sincèrement, je ne sais pas qui d’entre-nous aurait agît différemment.

Voir aussi :

Flims, sélection 2007 Part II

La Question humaine -- Nicolas Klotz -- 6/10
Démonstratif - La faute revient sûrement au livre, mais le propos est à la fois démonstratif et sans-finalité. Une prouesse dans un sens : appuyer lourdement sur le rouleau compresseur des grosses holdings capitalistes, puis brouiller les pistes, pour finalement nous ennuyer.

Le Metteur en scène de mariages -- Marco Bellocchio -- 9/10
Irrévérencieux - Un documentaire, dans un film, dans un remake des "fiancés" - œuvre italienne désuète. Entre surréalisme, romantisme et esprit baroque, on s'interroge et s'amuse à l’image de cette terrible tirade extraite du film : "En Italie, ce sont les morts qui commandent". Inracontable.

Naissance des pieuvres -- Céline Sciamma -- 7,5/10
Glacial – Le mélange "crise adolescente", "homosexualité " et "chlore de la piscine municipale", ça pique aux yeux comme des oignons fraichement coupés, suivit d'un seau d'eau dans la gueule. Un film cru, froid mais sincère, qui ne peut laisser indifférent.

La Fille coupée en deux -- Claude Chabrol -- 8/10
Pervers - Le nouveau Chabrol est arrivé, avec une thématique un peu plus sexe que d'habitude, mais toujours le même type d'environnement. La sempiternelle bourgeoisie de province et ses travers. Le sperme et les plumes dans le cul côtoient habilement le meurtre. Ça change.

Ratatouille -- Brad Bird -- 9,5/10
Délectable - Le meilleur film de l'année serait-il un film d'animation ? C'est en tout cas mon sentiment. Un sommet sur l'art culinaire qui est loin d'être seulement destiné aux enfants. Du bonheur pour les yeux et le palets. Devrait être déclaré d'utilité publique ou dangereux stupéfiant vu la quantité d'endorphine que sa vision produit.

Les Simpsons -- le film - David Silverman -- 4/10
Choupinou - Vous aimez la série "Les Simpsons" ? Moi oui, beaucoup. Le film nous rappelle tous les bons moments passés devant son téléviseur, mais n'apporte presque rien, si ce n'est un peu de mièvrerie dont on se serait passé.

Transformers -- Michael Bay -- 2/10
Bushiste - Voir ici : Transformers

Hot Fuzz -- Edgar Wright -- 8/10
British - Une comédie déglinguée mettant en scène un super flic et un demeuré en proie à la bonne morale d'une ville fleurie de la vieille Angleterre. Bien meilleur à mon sens que "Shawn of the Dead" du même réalisateur.

2 Days in Paris -- Julie Delpy -- 9/10
Cynique - Un humour ravageur si rare dans les comédies de ce début de siècle. Pas de pitié pour les français, ricains, ni pour l'humain en général. Entre un bon Woody Allen et une comédie sentimentale sans concession. On est loin de la bêtise des frères Farrelly.

Raisons d'Etat -- Robert De Niro -- 8/10
Frigorifique - Tempête sur les services secrets américains, le corporatisme, la famille, en pleine guerre froide. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne s'agit pas simplement d'un énième film sur la CIA, mais d'un bon film psychologique et historique. Rien n’est laissé au hasard.

Die Hard 4 -- retour en enfer - Len Wiseman -- 7/10
Geek - Film d'action avec moultes références pour geek qui tiennent très vaguement la route, mais qui marchent auprès d'un public tolérant. Pas de détails compromettants ou de scènes bouche-trous, ce n’est déjà pas trop mal, d'où la note. Faudra juste penser à essayer de donner un peu plus de corps à tout ça pour le 5. Ça ne vaut pas Piège de Cristal.

The Lookout -- Scott Frank -- 8/10
Sobre - Un sympathique thriller psychologique mettant en scène un accidenté de la route amnésique devenu homme de ménage dans une banque. Tout en finesse, avec une trame assez originale, vaut le coup d'œil.

Persepolis -- Marjane Satrapi -- 9/10
Témoin - Désormais célèbre, Persepolis est une adaptation fort réussie d'une bande dessinée sur la vie d'une adolescente née en Iran et parcourant l'Europe. La réalisation est impeccable, même s'il manque peut-être un poil d'excentrisme pour rendre l'œuvre incontournable.

Steak -- De Quentin Dupieux -- 3/10
Etrange - Le réalisateur n'est autre que Mr Oizo, créateur de musique électronique et clips musicaux hors du commun. Le film ne déroge pas à la règle, mais il n'en est pas bon pour autant. Quelques scènes sont amusantes, sans plus. Bottine !

Ocean's 13 -- Steven Soderbergh -- 7/10
Frimeur - Même si j'ai préféré le deuxième volet grâce à son côté "je me marre en faisant un film avec mes potes-stars" plus appuyé, celui-ci n'est pas trop mal réussi. Un pur divertissement parfaitement orchestré dont on aura oublié la trame dès le début du générique de fin sans que cela nous pose trop de problèmes.

Et toi, t'es sur qui ? -- Lola Doillon -- 7/10
Juvénile - Génération Y ? la voici ! Sociologiquement intéressant. Les baby-boomer verront leur progéniture d'un autre œil après visionnage du film. Gare aux interdictions de sorties.

Boulevard de la mort -- Quentin Tarantino -- 8/10
Défoulant - Malgré une esthétique série Z qui en fait trop et des dialogues dont on imagine qu’ils n’apportent pas d’avantage en comparaison avec la version courte, Boulevard de la mort s'en sort bien grâce à une fin des plus jouissives.

Voir aussi :

Flims, sélection 2007 Part III

Black Snake Moan -- Craig Brewer -- 8/10
Rédempteur - Une femelle en chaleur attachée à un radiateur chez un vieux black chanteur de blues. Le synopsis est à lui seul assez drôlatique. Juste son côté rédemption, religion, et une fin pas extraordinaire qui gâche un peu. Mais dans l'ensemble, le film tient presque ses promesses.

Pirates des Caraïbes, jusqu'au bout du monde -- Gore Verbinski -- 3/10
Romantique - Heureusement que Johnny Deep est là pour nous offrir quelques scènes surréalistes comme celle dans le désert de cailloux-crabes blancs. Le reste est d'une nullité affligeante. Histoire d'amour à la con et batailles ennuyantes à mourir.

Zodiac -- David Fincher -- 8/10
Insaisissable - Pas facile de faire un bon film sur les serial-killer sans dire n'importe quoi. Celui-ci tient la route et fourmille d'informations. Un beau boulot de reconstitution.

La Faille -- Gregory Hoblit -- 7/10
Calculateur - A l'inverse de Zodiac, le serial-killer n'est absolument pas crédible si l'on connait un temps soit peu la psychologie des serial-killer. Ce ne sont pas des génies du complot ni des virtuoses du piège à 10 tiroirs. M'enfin, c'est un thriller, pas un film documentaire, et Anthony Hopkins sublime le tout, comme d'habitude.

Les Vacances de Mr. Bean -- Steve Bendelack -- 3/10
Clownesque - Mr Bean en film, ça ne marche pas. La trame ne convainc pas et les gags font rire sur l'instant mais ne parviennent pas à sauver quoi que ce soit.

Sunshine -- Danny Boyle -- 7/10
Suicidaire - L'esthétique est saisissante, mais le scénario inégal. Le trip j'm'envoie en l'air dans le soleil est en effet gâché par quelques incohérences scénaristiques, qui personnellement m'ont empêchées de profiter pleinement du concept. Pourtant j'adore l'immolation, c'est mon sujet favori après l'infanterie et les pieds-paquets.

Alpha Dog -- Nick Cassavetes -- 8,5/10
Dramatique - Des ados cocaïnés kidnappent un gamin pour faire raquer un mauvais payeur. Leur inexpérience les amènera tantôt à la désinvolture, tantôt à la panique. Une fuite vers l'avant inévitable et fascinante.

Notre pain quotidien -- Nikolaus Geyrhalter -- 6,5/10
Contemplatif - Un documentaire sur l'élevage et l'agriculture intensive. Les cadrages sont superbes, parfois drôles, mais le film ne parvient pas à marquer les esprits, malgré un parti pris des plus intéressants. Dommage.

La cité interdite -- Zhang Yimou -- 5/10
Kitchissime - De superbes décors et couleurs, c'est incontestable. Mais le film peine à nous offrir plus que des jolies images souvent terriblement kitch. On sent d'avantage une fascination de type matérialiste qu'une réelle inspiration sur le sujet.

Volem rien foutre al pais -- Pierre Carles -- 9/10
Sociologique - voir ici : Volem rien foutre al pais

Le Direktør -- Lars von Trier -- 9/10
Absurde - Une gigantesque farce surréaliste au sein d’une entreprise mettant en scène un acteur maquillé d'une trace de suie sur front car Ayatollah d'un certain Gambini et son "monologue du ramoneur dans la ville sans cheminées". J'adore.

Le Dernier roi d'Ecosse -- Kevin Macdonald -- 9/10
Charismatique - Un fiction-documentaire sur Amin Dada en quasi huit-clos. La fin est vraiment tirée par les cheveux, mais l'ensemble est franchement saisissant.

INLAND EMPIRE -- David Lynch -- 5/10
Etrange - J'adore l'ambiance des films de Lynch qui touchent à nos sensations et notre subconscient. Mais pour la première fois, je me suis ennuyée sec pendant toute la deuxième partie du film. C'est peut être la présence de ces prostitués polonaises, ou autre chose. Je ne sais pas, mais un Lynch, quand ça ne prend pas, c'est incroyablement chiant.

Hannibal Lecter : les origines du mal -- Peter Webber -- 3/10
Creux - On vient à se demander si ce ne sont pas les détails morbides qui seuls intéressent les réalisateurs des films sur notre serial killer préféré. On est pas loin de "Saw" ou "Hostel", et bien loin du "Silence des agneaux" à mon goût.

Rocky Balboa -- Sylvester Stallone -- 7/10
Nostalgique - Une ode aux papy-boomers sous forme d'encouragement à lutter pour exister. Une histoire père-fils attachante, une œuvre qui donne l'impression d'être sincère. Mais la morale et les valeurs inculquées sont discutables et partisanes. Un fils doit aider son père, voir lui vouer un culte, pour être un bon fils. Un peu égoïste le Rocky.

Cashback -- Sean Ellis -- 3/10
Niais - Exclusivement pour un public beauf qui pense qu'être romantique c'est savoir dessiner des nibards avec style. Assez creux.

Bad times -- David Ayer -- 9/10
Nerveux - La déchéance de deux potes au bout du rouleau. Conneries sur conneries, ils avancent vers l'inévitable... Cynisme quand tu nous prends. Formidablement amer.

Voir aussi :

jeudi 6 septembre 2007

Army propaganda awards : Transformers prend une longueur d’avance

La scène commence au Qatar, dans un désert peuplé d'indigènes inoffensifs et d'une base américaine plein de GI et autres héros en puissance. La menace est là, nouvelles armes, piratage informatique, ennemis omniprésents. Des sujets d'une actualité saisissante, vous ne trouvez pas ?

Effectivement, si on peut qualifier ce film de quelque chose, c'est d'être tout sauf vintage. Exit les années 80, les robots-jouets et l'ambiance techno-friendly d'usage à cette époque. En réalité, les robots n'ont que peu d'importance dans le dernier film de Michael Bay. D'ailleurs, on peut dire ce que l'on veut sur la réalisation technique, mais l'esthétique est moche, surfaite, bruyante et même fouillie. Amateur de vrais robots à l'ancienne, passez votre chemin.

Le focus se fait autour de l'insipide adolescent Samuel Witwicky. Un jeune homme un peu perdu qui va vite se sentir à l'aise dans son rôle de sauveur de l'humanité. Son dicton : "sans sacrifice, point de victoire !". Eh bien, en voilà un proverbe explicite, qui résume parfaitement l'esprit du film.

L'armée de terre recrute… tel aurait pu être le slogan de cette superproduction militariste qu'est Transformers. Michael Bay, auteur d'Armageddon et Pearl Harbor, remet donc le couvert à la sauce 2007 avec comme un arrière goût de guerre en Irak et de combat entre le bien et le mal. Miam !

Et pourquoi donc je vous bassine avec ce navet dont enfin plus personne ne parle ? Pour vous inciter à regarder un autre film que Stéphane m'a fait découvrir. Short circuit est l'exact contraire de Transformers. Effet spéciaux supra cheap, acteurs principaux incarnés par un robot et quelques pacifistes, et une morale parfaitement anti-militariste. J'adore la confrontation entre l'univers nerd et hippie dans une ambiance année 80. Que celui qui n'a jamais rêvé de vivre avec un robot dans une communauté de beatnik me jette la pierre. Tout compte fait, je sens la lapidation en règle, je sais pas pourquoi.


Short Circuit - John Badham - 1986

dimanche 3 juin 2007

Volem rien foutre al païs

Ou un documentaire au titre évocateur pour un pur moment de rafraîchissement intellectuel. A travers ce voyage entre diverses communautés vivant en quasi auto-gestion, Pierre Carles tente de nous démontrer que le travail et la consommation ne sont pas les ultimes buts de chaque être humain.

Un sujet particulièrement sensible, puisque tous les représentants politiques et syndicaux sont bien tous en accord sur un point : le chômage est un fléau, il faut en conséquence donner du travail à tout le monde. D’autres plus aventureux invoqueront le but ultime de cette religion : relancer la croissance par la consommation. Travaillons à tout prix pour gagner de l’argent, dépensons-le en consommant des biens ou services futiles, ou encore mieux, endettons-nous pour consommer. Question simple : êtes-vous sûr de sortir gagnant de ce système ? Pourquoi alors ne pas changer de vie ?

Pour compléter ce qu’expose ce film, voici quelques idées en vrac.

Tout d’abord ne pas travailler ne veut pas dire être inactif. Cela a bien été démontré dans le documentaire. Il me semble important d’apprendre à s’occuper autrement que par un travail salarié et développer constamment de nouvelles compétences pas forcément utile pour le monde du travail, mais pour soi.

C’est amusant d’ailleurs de constater que les travaux manuels ont disparu progressivement de l’école pour laisser une plus grande place à des disciplines beaucoup plus abstraites.

Pour apprendre à être autonome, rien de tel pourtant d’être un touche à tout, et d’être au moins capable de construire soi-même quelques meubles, voir sa maison ou encore faire pousser quelques légumes. L’autonomie, ça semble décidément aussi ringard que ma digression sur ce documentaire.

D’ailleurs, encore une parenthèse. Dernièrement, Ségolène Royal faisait part d’un témoignage d’un homme qui se levait tous les matins en laissant entendre à son fils qu’il se rendait au travail, alors qu’il était au chômage,. La réponse à ce genre de cas doit-elle forcément être une offre d’emploi ? Ou bien peut-on imaginer que nous changions de mentalité ? Finalement, quel mal y a-t-il à ne pas travailler ? Avant que ce brave homme retrouve un emploi, je me poserais d’abord la question de la culpabilité. Pourquoi est-ce si honteux, et d’où son fils tire l’idée que son père est un raté s’il n’a pas de travail. Nous devons réformer notre façon de voir et de vivre le travail, cela me semble pourtant une évidence.

Une chose m’angoisse constamment. Imaginez-vous vous réveiller un jour, faire un constat sur votre vie, et vous rendre compte que ce que vous avez accompli dans votre parcours professionnel, ça ne rime à rien. Vous vous fichez éperdument de ce que les différentes entreprises dans lesquels vous avez travaillé ont pu devenir, et de toute façon, vous n’étiez pas un décideur. Et puis votre travail n’était pas intéressant. De plus, le jour de votre départ, seuls quelques collègues sont restés pour le pot. Depuis vous n’avez pas de nouvelles.

Ma vision est que l’idée comme quoi nous devons travailler à tout prix pour vivre est un concept bien aliénant. Ça ne mène individuellement à rien. Il me semble pourtant admis qu’à choisir entre faire un boulot de con, même bien payé, ou laisser faire une machine à notre place, le choix est vite fait. Je pense ici aux caissières de je ne sais plus quel supermarché qui souhaitaient garder leur emploi. On comprend tout à fait qu’elles aient besoin de vivre, mais enfin c’est peut être aussi le moment de faire un travail un peu plus enrichissant non ?

La liberté de disposer de son temps n’a pas l’air d’être une idée à la mode. Personnellement je pense que c’est la seule vraie liberté, et le seul moyen d’accéder à l’accomplissement de soi, et donc au bonheur.

Bien sûr, une partie d’entre vous va trouver ça ringard, ou bien « d’un autre temps ». « Les barbus-chevelus qui se la coulent douce en Ardèche, on a bien vu que ça ne marchait pas ». (Surtout toujours répondre à ce genre de questionnement anarco-bolchévique par quelques poncifs qui prêtent à rire, ce n’est pas très argumenté mais ça marche).

Mais quoi que vous pensiez des communautés agricoles et autres expériences autogestionnaires, je reste intimement persuadée d’une chose, c’est que je ne serais jamais heureuse dans ma petite vie de salariée à faire des GIFs animés pleins de lapins turquoises. Et ça me parait bien moins idiot d’occuper son temps à construire sa propre maison et cultiver son champ.

A ce moment de votre lecture, vous vous dites sûrement que ma logorrhée est pleines de lapalissades et de niaiseries, et que le p’tit vin italien enfilé après ma vision de ce film au MK2 Beaubourg (un cinéma qui s’évertue à passer tous les films ovnis en semaine à 11h du matin, rendant leurs visions totalement inaccessibles aux travailleurs lambda) m’a décidément bien tapé sur le système.

Je vous réponds par une autre idée bien simpliste mais tellement importante à garder en tête : on n’a qu’une putain de vie. Et cette année c’est sûr, j’entreprends quelque chose de différent. Affaire à suivre…



lundi 15 janvier 2007

Tiens, t'auras du bon flim et 49 critiques dans la gueule - Part One

Certains petits cancrelats se plaignent du peu de billets traînant sur cette pauvre page internet. A ceux-là, j'ai envie de dire, tiens, en voilà du post, un bon gros, par bobines de 49 flims, tous associés à un adjectif. Il s'agit à peu de chose près des flims ne traitant pas de cyclimse vu en 2006. Alors, moi je vous connais un peu bande de freluquets, vous allez me dire, y en a trop, j'arrive pas à tout lire d'un coup. Mais mon bon monsieur, c'est qu'ici je fais ce que je veux ! C'est même tout l'intérêt. Fini le blabla, le calvaire commence, par ordre décroissant.

Paprika -- Satoshi Kon -- 9/10
Onirique - Ce film d'animation pour adulte est tout à fait singulier. Entre Lynch et Cronenberg, poésie apocalyptique et décadence colorée se mêlent intensément. Une découverte incroyable.

Les Infiltrés -- Martin Scorsese -- 4/10
Amnésique - Comme une impression d'avoir déjà vu ce film, ces acteurs dans un rôle identique et des ressorts semblables dans d'autres films. Dommage, malgré tout le travail fourni, son manque d'originalité fait "des Infiltrés" un film qui l'on oublie vite.

La Faute à Fidel -- Julie Gavras -- 9/10
Touchant - Cliente des "tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents communiste" et "Vive la sociale", ce film s'inscrit dans la continuité des nostalgiques de la gauche des années 60-70. Une jeune actrice incroyable aidée d'un scénario intelligent et anti-manichéen font de "la Faute à Fidel" un film abouti et sensible.

Black Book -- Paul Verhoeven -- 9/10
Cynique - Très bonnes surprises pour ce film en apparence plein de bons sentiments. On y retrouve pêle-mêle situations désespérées et instinct du survie, cruauté et désillusions. Le tout sans aucune espèce de compassion. A voir.

The Host -- Joon-ho Bong -- 9/10
Décalé - Un film d'horreur, mais un film drôle. Un film de genre, mais qui ne suit aucune règle. Un ovni coréen, critique, impressionnant, hilare, vous allez adorer.

Babel -- Alejandro González Inárritu -- 5/10
Décevant - Quel ambitieux projet que celui de vouloir dépeindre notre société moderne à travers des sujets aussi casse-gueule que la mondialisation et les problèmes de communication. Au final, je crois que le réalisateur est passé totalement à côté du fond, pour s'attacher à faire palpiter le coeur des spectateurs grâce à une réalisation coup de poing. Techniquement, rien à redire, certaines scènes sont d'une redoutable efficacité. Mais le sujet sur lequel s'est vendu le film n'est tout simplement pas traité.

Borat, leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan -- Larry Charles -- 1/10
Insignifiant - Pourquoi avoir choisi le Kazakhstan ? Pourquoi parlent-ils un charabia qui n'existe pas, le tout accompagné de formules de politesse tchèques ? Pourquoi tant de mépris pour ce peuple ? Critique ou complaisance dans la connerie ? On en vient à se demander si l'auteur n'est pas plus beauf que l'américain de base qu'il veut ridiculiser. Humour gras et gratuit, vrai-fausse caméra cachée, faut aimer. Moi j'aime pas.

Le Prestige -- Christopher Nolan -- 7/10
Distrayant - Un thriller intéressant, mettant en scène deux magiciens égocentriques prêt à tout pour anéantir son rival. Ressentiments, vengeance, haine, jalousie, toutes les pires vilaineries y passent au service d'une quête extraordinaire dans le sens premier du terme.

Le Dahlia noir -- Brian De Palma -- 5/10
Propret - Un bon réalisateur, un écrivain mythique, ça aurait pu être du bon. Le résultat est à mon goût trop aseptisé, trop lisse. C'est juste plat. 2006, c'est un peu l'année des adaptations de roman qui n'ont comme but inavoué que de faire du chiffre.

Shortbus -- John Cameron Mitchell -- 8/10
Dépressif - Un film de luc mais avec un vrai scénar et une vraie trame de fond. Incroyable non ? Certains questionnements sont quasi inédits dans le cinéma grand public, à savoir les femmes sont-elles obligées de jouir pour exister, est-ce que le sexe rend heureux... Mais peu de réponses finalement. A voir pour la performance et l'originalité du scénario, et la réalisation plutôt soignée. Un bon film.

Les Fous du roi -- Steven Zaillian -- -- 7/10
Politique - Une réalisation un peu appuyée mais un sujet qui a le mérite d'être d'ordinaire peu traité, à savoir la vie d'un homme politique, de ses idéaux aux désillusions, en passant par la corruption, les magouilles, et tout ce qui rend perfectibles nos "démocraties".

Prête-moi ta main -- Eric Lartigau -- 7/10
Cocasse - Chabat, pour ceux qui aiment, c'est toujours un bon moment de passé même quand c'est nul. Mais la surprise de ce film, c'est la môme Charlotte Gainsbourg qui arrive à être encore plus drôle que notre ami. Une bonne comédie française sans chichi.

Ne le dis à personne -- Guillaume Canet -- 4/10
Plat - Dommage ! Autant j'ai vraiment aimé "Mon idole", autant je suis complètement passée à côté de "Ne le dis à personne". On ne s'attache pas vraiment aux personnages, la réalisation est impeccable mais je n'ai rien ressenti. Très très décevant.

Scoop -- Woody Allen -- 8/10
Incongru - Un bon cru pour ceux qui aiment son humour de vieu juif new-yorkais délirant. Délicieux, drôle, débile... et bien meilleur que ses films du tout début de ce siècle.

Le Labyrinthe de Pan -- Guillermo Del Toro -- 9/10
Fantastique - Après l'échine du diable, Guillermo Del Toro réitère dans le genre fantastico-historique, et toujours avec brio. Mélange de streumons en vrai, en faux, réflexion sur la streumonsité, et le plein d'émotions fortes en prime. Mention spéciale pour Sergi Lopez, meilleur que jamais.

Voir aussi :

Tiens, t'auras du bon flim et 49 critiques dans la gueule - Part Two

Azur et Asmar -- Michel Ocelot -- 9/10
Original - Un film d'animation française qui a tous les mérites ! Beau, original, intelligent.

Mémoires de nos pères -- Clint Eastwood -- 8/10
Historique - Ce film est l'histoire d'une photographie devenu le symbole du patriotisme américain durant la seconde guerre mondiale. Il retrace son histoire, une supercherie lourde en conséquence pour nos trois protagonistes. Comment l'exploitation d'une simple photo peu influer sur la vie et la mort de jeunes gens, sur l'économie d'une guerre, sur la victoire d'un pays.

Les Fils de l'homme -- Alfonso Cuaron -- 4/10
Musclé – Un film d’anticipation un peu simplet avec des gros bras et des grosses grimaces sur la gueule histoire de dire qu’on est pas content du tout. Vraiment conçu pour captiver les indécrottables des films d’action. « Ceux qui ne veulent pas se prendre la tête ».

U -- Serge Elissalde -- 5/10
Superflu - Si vous êtes un inconditionnel de Sanseverino, vous apprécierez au moins la musique. Le reste, c'est mignon, mais très superficiel.

Une Vérité qui dérange -- Al Gore -- 7/10
Démonstratif - Initiateur de la prise de conscience des occidentaux pour les questions écologiques, ce film didactique explique de façon universitaire les dangers auxquels nous exposons la terre. Ça fait pas de mal de ré-entendre certaines données, mais la figure d'Al Gore est omni présente durant le film. Al Gore parle, Al Gore marche, Al Gore fait du ski, Al Gore à la plage... Un come-back politique à l'horizon ?

Bye bye blackbird -- Robinson Savary -- 5/10
Gothique - Histoire sordide, amour impossible, personnage meurtris, un vrai drame à l'esthétique gothique qui devrait plaire aux adolescentes percées et tatouées de la fesse gauche.

Le Parfum : histoire d'un meurtrier -- Tom Tykwer -- 6/10
Ambitieux - Pas si mal pour une adaptation d'un roman impossible à adapter, mais mis à part la performance, quid de la finalité ? Joli travail, mais vain.

Dans Paris -- Christophe Honoré -- 7/10
Dépressif - Sympathique fresque d'un homme au bout du rouleau. Tout n'est pas parfait mais certaines scènes sont jubilatoires, comme celle de Guy Marchand harcelant son fils pour lui faire bouffer un coup de la sole, un coup du bouillon. On observe également que le réalisateur ne doit pas être étranger à la dépression, car le tout sonne plutôt juste.

Le Pressentiment -- Jean-Pierre Darroussin -- 9/10
Intelligent - À voir, un film contre les idées reçues, contre le communément admis. Un film qui parle d'égoïsme et d'altruisme comme une seule et même chose. En bref, un très prometteur premier film d'un gars qui a vraiment quelque chose à dire.

Hard Candy -- David Slade -- 5/10
Moraliste – Alors là je dis dommage ! L’idée est fendarde, mais ce qu’il soutient est tout simplement insupportable… Si l’on devait condamner les gens à partir de leurs mauvaises pensées et non sur leurs actes, nous n’aurions pas fini de foutre les gens en geôle.

Les Amitiés maléfiques -- Emmanuel Bourdieu -- 8/10
Humain - Mensonges et manipulations à l'échelle d'étudiants de la Sorbonne. C'est plutôt bien vu, c'est touchant, c'est intéressant. Un sympathique premier film plein d'intelligence du fils de Pierre Bourdieu (on en attendait pas moins, quelle pression !).

La méthode -- Marcelo Pineyro -- 8/10
Critique - Ambiance huit clos et techniques de recrutements malsaines. C'est grinçant, et ça se tient pas mal. A voir.

Thank You for Smoking -- Jason Reitman -- 9/10
Rhétorique - Une très bonne surprise pour ce film traitant de la psychologie de ce qu'on appelle les "lobbyistes". Aaron Eckhart y est tout bonnement incroyable, et le scénar n'en est pas moins.

Ma super ex -- Ivan Reitman -- 3/10
Beauf - Un film à voir avec un coup dans l'pif à la limite, même si les gags ne parviennent pas à faire oublier le foutage de gueule et la niaiserie propre à la fin du film. En bref, mieux vaut ne pas être exigeant.

Little Miss Sunshine -- Jonathan Dayton, Valerie Faris -- 9/10
Emouvant - Une comédie dramatique qui plait apparemment même à ceux qui détestent le genre. C'est triste et drôle à la fois, on vit les personnages à deux cent pourcents, c'est une vraie réussite.

Flandres -- Bruno Dumont -- 5/10
Glauque - Habituellement j'aime assez ce que fait ce réalisateur, mais à force de traiter toujours du même sujet, on en vient à se demander si un jour il fera autre chose. Mis à part cela, amateur de glauque brut et cru, ceci vous est destiné.

Voir aussi :

Tiens, t'auras du bon flim et 49 critiques dans la gueule - Part de frites

Des serpents dans l'avion -- David R. Ellis -- 0/10
Nul - Je suis restée environ 25 minutes en salle. En plus d'être une sombre bouse au scénar plus incohérent tu meurs, il ne s'agit apparemment pas d'un film parodique ou drôle. Ou alors, je suis incapable de comprendre ce qui peut provoquer un petit rictus à la vision de ce navet. Les effets spéciaux sont également particulièrement nazes et peu crédibles.

Nausicaä de la vallée du vent -- Hayao Miyazaki -- 9/10
Poétique - Comme tous les Miyazaki, envoûtant et grave. A voir absolument, ça n'a pas pris une ride.

La Jeune Fille de L’eau -- Manoj Night Shyamalan -- 5/10
Mystique - Un film assez moyen mais avec quelques digressions assez drôles. Heureusement d'ailleurs, car le film n'a pas un immense intérêt mis à part ces détails, sauf si vous croyez encore aux belles histoires bien niaises.

Le Vent se lève -- Ken Loach -- 9/10
Militant - Très juste sur la question de l'engagement militant. Une réflexion bien menée sous fond de guerre fratricide.

La Science des rêves -- Michel Gondry -- 7/10
Affectif - L'éternel besoin d'affection terriblement égoïste à travers un jeune homme complètement paumé entre le rêve et la réalité.

Miami Vice -- Michael Mann -- 4/10
Testostéroné - Ouai, du gros son, ouai, de la caisse, ouai, de la meuf, va avoir de l'action, du cul, de l'action, du cul, de l'action, du cul, de l'action, du cul... et rien de plus malheureusement. Si, une scène de fusillade qui nous fait dire que les First Person Shooter ont une influence non négligeable sur le nouveau cinéma d'action.

La Tourneuse de pages -- Denis Dercourt -- 8/10
Inquiétant – Chabrolesque sans être pompé, c’est bien vu sur le conservatoire de musique et les drôles de personnalités peuplant ces endroits. Ça frôle avec le fantastique, c’est prenant, affreux, pincé, sordide, vrai. Ça en fait de l’adjectif !

Arrivederci amore, ciao -- Michele Soavi -- 8/10
Insoutenable – Vive le cinéma italien ! Surtout quand celui-ci rivalise de cruauté, cynisme, horreur. Un bon film psychologique qui ne peut pas vous laisser de glace.

Stay -- Marc Forster -- 4/10
Vide – Bien réalisé, effets sympas mais superflu. La chute, on l’attend longtemps, et quand elle arrive, on comprend qu’il n’y a rien à comprendre, car il n’y a pas de scénario. Bof !

Vol 93 -- Paul Greengrass – 7/10
Réaliste – Une vision pas trop manichéenne du 11 septembre avec une bonne dose de réalisme. C’est osé, et c’est bien fait. On s’y croirait.

Marie-Antoinette -- Sofia Coppola -- 8/10
Transgenre – Attention, ceci n’est pas un film historique. C’est un pur délire fashion qui met en scène un petite pétasse autrichienne bouffeuse de macarons partie faire du shopping à Versailles. Franchement, fallait le faire ! Amusant, clinquant, rock’n roll. Dommage, la fin n’est pas à la hauteur, ça ne va pas au bout du concept.

Le caïman -- Nanni Moretti -- 7/10
Satyrique – Un patchwork assez sympathique mêlant la vie d’un réalisateur, son film, ses amours, un peu de dérision, un peu de politique, un peu de tout. Tout n’est pas parfait, mais franchement, ça se laisse regarder.

Volver -- Pedro Almodovar -- 8/10
Surprenant –Une intrigue bien ficelée qui retombe parfaitement sur ses pattes – ce qui en soit est déjà pas mal – et beaucoup de sensibilité dans ce nouveau Almodovar, plus inspiré que jamais.

C.R.A.Z.Y. -- Jean-Marc Vallee -- 9/10
Sensible – Très bon film québécois qui me fait penser à « Ma vie en rose » de Alain Berliner. Outre le sujet, la vie d’un jeune garçon homosexuel, traité avec justesse et humour, le film est tout simplement bien rythmé et plus que touchant. A voir assurément.

OSS 117, Le Caire nid d'espions -- Michel Hazanavicius -- 8/10
Parodique – Une surprise car je n’aime pas spécialement Jean Dujardin mais ce film est tout simplement drôle.

Renaissance -- Christian Volckman -- 2/10
Baclé – L’idée d’un film d’animation en noir et blanc était intéressante et ambitieuse, mais au-delà du concept, on découvre un scénario complètement vide, cliché, banal, nul. C’est tellement gros que les scènes de « love » sont à mourir de rire.

L'Ivresse du pouvoir -- Claude Chabrol -- 8/10
Psychologique - Voir L'ivresse du pouvoir sur ce blog

Good Night, and Good Luck -- George Clooney -- 8/10
Journalistique - Voir Good night, and good luck sur ce blog

Vous êtes arrivé au bout, hoho ! Que c’était rigolo ! Et bien voyez-vous, tout ceci m’a donné une envie folle. J’ai envie de créer le premier chain-blog obligeant les gens qui se sentent désignés à faire une tartine de texte au moins aussi grosse que moi, haha ! Qu’est-ce qu’on va rire ! C’est sympa les chain-blogs hein ? Spécial dédicace à ceux qui me demandent régulièrement d’en être, alors que je suis une rebelle. Ceux qui se reconnaissent peuvent d’ores et déjà affûter leurs petites touches de clavier (quoique, ça peut faire mal…). Ecrivez-moi donc 15000 caractères espaces compris sur 3 billets, allez !

Voir aussi :

dimanche 19 mars 2006

Enigmatique teaser du court-metrage Cycle

Oyé oyé SRCiens, le teaser du film le plus psychédélique jamais réalisé dans les locaux de l'IUT Michel de Montaigne vient de faire son apparition sur la toile.

Souvenez-vous des révélations chocs devant la machine à café que nous conta David, après avoir égorgé 100 000 vierges.

Rappellez-vous des scènes d'hystérie auprès des pubettes que provoqua Arnaud aka Palmfire lorqu'il parla des conditions de tournage de ses scènes de nu.

Toutes ces anecdotes, que dis-je, ces secrets de tournage nous ont mis l'eau à la bouche. Combien ont-ils tenté de s'introduire dans les salles de montage pour voir le dérushage du film, combien sont venus taner les deux protagonistes pour obtenir le droit d'admirer une demi-scène de 10 secondes du film ?

Rendez-vous le 16 Avril pour voir enfin le film qui traumatisa l'homme ressource et mis en larme le québéquois. Petits coeurs abstenez-vous.

Cycle par Arnaud Besson et David Sacomant

mercredi 22 février 2006

L'ivresse du pouvoir

Petite devinette : qu'est-ce qui attire un amas de 150 p'tits vieux d'en moyenne 70-80 ans au cinéma un mercredi après-midi ? Alors que certains se précipitent voir un dessin nanimé avec leur arrière-petit-chiard, les oubliés de leur progéniture optent pour une valeur sûre, le dernier Claude Chabrol.

Et ils ont raison ! Car le Chabrol millésimé 2006 n'est pas un Chabrol comme les autres, c'est un Chabrol original en plus d’être réussi. Fini la trente-six-millième histoire d'un bourgeois de province coincé entre ses principes vieillots et un tabou meurtrier, l'ivresse du pouvoir sort des thèmes habituel de Cloclo pour traiter d'une affaire judiciaire bien juteuse non sans rappeler le fiasco ELF.

N'essayer pourtant pas d'y voir un documentaire détaillé sur les principes de la corruption chez les grands comptes ou sur le passage de valise, le film reste évasif sur ces points (regardez plutôt le documentaire de Pierre Carles intitulé "Affaire en cours"). L'ivresse du pouvoir est plutôt une sorte de fresque psychologique visant à montrer la part humaine des protagonistes, qu'ils soient hommes de loi ou gros requins.

La morale est toute simple, mais efficace. Les juges d'instruction possèdent le pouvoir de rétablir un semblant de justice dans la société, mais quand ils arrivent à leur fin, ils sont souvent manipulés par un très gros poisson quasiment intouchable, sauf si lui même s'avère gênant pour un autre plus gros. Il n'y a ainsi pas de justice pour l'élite sociale, il n'y a que des erreurs de stratégie, des coups plus ou moins bien placés sur un jeu d'échec à l'échelle de notre planète.

En somme, l'ivresse du pouvoir est loin d'être complet du point de vue factuel, mais parfait dans ce qu'il veut nous raconter. Pour ceux qui connaissent un peu l'affaire ELF, c'est aussi un amusant jeu de piste où l'on peut essayer de deviner qui correspond à qui, même si « Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence ». Mais bien sûr…

l'ivresse du pouvoir
                 
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