samedi 10 novembre 2007

Le mardi c'est laverie

"Qui n'a pas perdu quelques heures de sa pauvre vie dans une laverie, ne peut dire avoir vraiment vécu." Tel serait ma leçon de vie si je devais enseigner quelque chose aux générations futures.

Car point d'humanité à la waschmaschine, si ce n'est quelques hypocrites bonjour/au revoir histoire de nous faire croire que nous ne sommes pas des animaux.

Mesdames messiers, bienvenue dans l'antre de toutes les mesquineries, où n'importe quelle sainte nitouche sortie de je ne sais quelle usine à cul-béni lance des regards plus noirs qu'un chat auquel on aurait ôté ses croquettes.

Nous pourrions penser qu'habitant le 8ème arrondissement de Paris, la laverie-réalité en serait changé. Certes oui, nous évitons les mamas chargé du linge de leurs 15 enfants et les crevards qui dorment sous les néons. Mais en échange, nous héritons de spécimens tout aussi extravagants. Vraiment.

Mais avant tout un bref état des lieux. Après deux ou trois mois de pourrissements textiles dans un coin exigu de notre appartement, le constat est accablant. Plus un slip à se mettre et les autres puent ignoblement. C'est mardi, l'heure de la laverie.

Le moment est à choisir minutieusement mais pas trop. Car les théories se transforment souvent en immense fiasco. Ceci dit, si vous n'êtes pas très sport, s'y rendre pendant des matchs de coupe du monde de football ou de rugby reste une valeur sûre. Hors grand évènement de beauferie nationale et si on a le malheur de compter parmi les actifs, on n'a pas vraiment le choix. Mais éviter le week-end semble tout de même être un choix rudement judicieux.

A l'arrivée, c'est souvent le drame. Plus de machine ou alors seulement la 18. "Celle qui marche mal, met deux heures à se faire, et qu'on réserve aux touristes". Tout le monde est à cran. "Vous attendez depuis longtemps ?", "Oui depuis une heure, ces abrutis squattent 8 machines à 4". Ah ? Mais qui est assez stupide pour laver 3 slips dans 20 litres d'eau et 100 grammes de poudre senteur soude ? Nos amis du Qatar, prisonniers d'une curieuse religion liberticide leur interdisant de laver leur linge à l'hôtel.

Attendre 2h30 à la laverie en patientant devant des hublots contenant un calbut et une paire de chaussette nike, franchement, c'est mon kif. D'ailleurs c'est le cas de pas mal de personne apparemment, car ce jour là, nous étions nombreux sous le scintillement des 40 néons.

La magie comportementale peut enfin opérer. Toutes les entourloupes imaginables pour piquer la machine du voisin parti faire de la monnaie. Les nouveaux arrivants squattant devant une machine bientôt cuite et auxquels il faut patiemment expliquer que tu attends depuis une heure et que ça ne va pas le faire. Les nanas complètement psychotiques qui occupent les surfaces disponibles au-dessus des hublots pour plier leur linge et ne supportant pas que tu bouges leur petite culotte pour mettre de la soude à la lavande dans ton compartiment à détergent.

Pourtant tout avait été si bien calibré ! On met le linge, le programme B, et on revient dans une heure, le temps d'une pizza Pino. Mais non. Le sort en a voulu autrement. Une machine qui se libère toutes les demi-heures et le même cirque pour le séchage. Le tout accompagné de grand soufflement, regards froids, messes basses et débuts d'ulcères grandissants.

Ainsi, le mardi à la laverie, on prend conscience de pleins de choses sur la psychologie humaine à l'échelle de madame Michu. On cherche d'abord un consensus, et on finit comme les autres : aigris, hargneux, maudissant son voisin comme un ennemi de toujours. Une grande leçon de vie, presque aussi bien que vivre dans une unité de construction à Bron. Mais ça, c'est une autre histoire.

Zut et flûte ! Je me suis encore fait doubler.

lundi 17 septembre 2007

Fête de l'huma 2007

Week-end de folklore prolo sous fond de lutte des classes à La Courneuve dans le neuf-trois.

Bienvenue dans l'univers des blagues Pif Poche
Bienvenue dans l'univers des blagues Pif Poche

Niveau politique, le thème était clairement orienté autour de la refonte de la gauche, avec quelques contre-messages alternatifs un peu plus conservateurs. Eh oui, difficile de lâcher la communist touch, son héritage russkov, vietkong, cubain, chintok (hum) et les fameuses valises de Georges et Liliane... En bref, tout ce qui fait du PCF une source inépuisable de moquerie, mais aussi son histoire.

Le Che s'invite au grand Rex
Le Che s'invite au grand Rex

La deuxième thématique particulièrement présente durant la fête tourne autour de la vie en banlieue parisienne. De la revalorisation du 9.3. à l'exhibition des différents succès électoraux - il faut l'avouer bien plus nombreux en région parisienne que partout ailleurs - c'est à mon sens un vrai art de vivre banlieusard qui était revendiqué au sein du parc de La Courneuve. Enfin, les morts étaient venus en force durant la fête de l'humanité 2007. Le Che et Guy Moquet, plus présents que jamais, étaient partout montrés en exemple.

A la frite à la moule !
A la frite à la moule !

Au niveau de la graille, beaucoup de merguez, beaucoup de frites et beaucoup de binouzes... Mais aussi quelques spécialités régionales appétissantes et un max d'escargot et de moules en barquette. Dans le "village du monde", il y avait quelques bons plats à tester si l'on se fie aux émanations d'épices. Et bien sûr, quelques palettes de petites bibines et autres liqueurs aux reflets dorés étaient présentes pour nous aider à digérer l'ensemble. Mais je regrette tellement de ne pas avoir pu goûter au sorbet coco traditionnel !

Frédéric Monino, François Laizeau, Lionel Suarez et Olivier Kerourio
Ah ! La trompette dans le jazz... (je l'ai déjà faite je crois)

Mais pourquoi pensez-vous que les jeunes de moins de 20 ans se précipitent en masse dans ce drôle de petit village aux noms de rues saugrenus ? (Mention spéciale pour l'avenue Yasser Arafat) Pour les concerts évidement. Niveau musique, il se côtoie le pire comme le meilleur. Luke, le petit groupe aux accents de Noir Désir, déclame les paroles les plus creuses jamais entendues. Mais les concerts de Jazz se laissaient écouter, du moins ce que j'en ai entendu. Le jazz band constitué de Frédéric Monino, François Laizeau, Lionel Suarez et Olivier Kerourio nous a sciés. Une bonne découverte.

Iggy Pop à la fête de l'humanité 2007, La Courneuve, France
A poil ! A poil !

Quant au concert d'Iggy Pop, ce fut très amusant de voir ce monstre de 60 bougies s'exhiber sur scène. Mais ce fut aussi court qu'intense : une heure, tout au plus. La masse de gens venue de toutes parts, dans les 90 000 personnes, était tout aussi impressionnante, et leur degré d'alcoolémie à la hauteur du reste. Les agoraphobes ont en pris pour 20 piges.


Les rockeurs et le tri sélectif, c'est un peu comme Bush et l'écologie.

En fin de soirée, on pouvait apprécier l'ambiance déchèterie, le village ayant été ravagé par quelques centaines de milliers de bipèdes en folie. Poubelles éclatées, piétinées, des litres de pisses réparties sur les banderoles, cette fois-ci se sont les maniaques de la propreté à qui nous prescrivons 10 ans de psychothérapie.
Coco spirit et junk life même combat ?

lundi 9 juillet 2007

Du côté de chez France…

Une fois n'est pas coutume, un petit billet perso pour vous faire partager ma vie… trépidante.

Donc ! Je ne travaille plus chez Visiware depuis fin juin. J'ai déjà longuement remercié mes ex-collègues mais j'en remets une couche ici. Et merci pour le DVD des shadoks, le T-Shirt Nono et autre jipangueries.

Deuxième chose, je suis maintenant travailleuse indépendante. Et ma première mission s'effectue chez C|net.

Et de trois ! Prochainement nous montons une société. Le concept n'est pas tout à fait nouveau, c'est juste que nous reprenons int13 production sur de nouvelles bases, en essayant de mettre à profit ce que nous avons appris durant 5 ans. Nous nous orientons vers la création de jeux "next-gen" sur téléphones portables dernier cri. Editeur ? Développeur ? Sous-traitant ? Un peu de tout ça. Nous continuerons à éditer nos propres jeux, mais nous ferons aussi appel aux opérateurs et autres distributeurs pour les éditer selon les cas. Nous sommes aussi ouvert à la sous-traitance si elle nous permet d'exploiter notre bibliothèque maison et nos moteurs de jeux existants.

Si vous êtes intéressés par le projet n'hésitez pas à me contacter (france – at - int13.net).

Une dernière petite anecdote surprenante pour les gens qui me connaissent, j'ai porté une robe au mariage "thaïlando-martinico-banlieusard" de Nicolas Meylan. Je sais… les choses changent.

Un grand moment de solitude au mariage de Nicolas Meylan

Tout ça c'est à cause de la soupe aux asperges et crabes en boite, moi j'dis.

dimanche 13 mai 2007

Bienvenue chez les bourges

C’est la mode, et j’y succombe. Beaucoup de jeune gens parlent de leur « quartier populaire » sur leur blog. On y apprend pêle-mêle leur bon plan, leur sortie, leur vie sociale palpitante.

Mon « quartier populaire » à moi, c’est le huitième arrondissement de Paris. Et quel quartier !

Loic Le Meur et Thierry Ardisson y siègent, croisant Gérard Lenorman et Didier Barbelivien à la sortie des urnes. Un quartier à 75% à droite toute, à l’image des plus de 65 ans, et de notre formidable député de la quatrième circonscription, Pierre Lellouche, plus sarkozyste que l’original.

Résultats des présidentielles 2007 dans le huitième arrondissement de Paris

Pas étonnant alors d’y voir le siège de l’UMP rue la Boétie, en face des anciens locaux des Echos. A la Madeleine, Hédiard et Fauchon nourrissent nos rentiers qui se lèvent tard. Un peu plus à l’ouest, en remontant le Faubourg Saint Honoré, les voitures de police s’entassent place de Beauvau, condamnant une partie des trottoirs par des barrières et des gardes se relayant en continu pour assurer la sécurité des puissants.

Au nord, c’est le quartier des ambassades et des banques, puis le parc Monceau, un beau parc qui sent le crottin de cheval. Au sud, les Champs-Elysées ruinent des touristes consentants, quelques russkov parvenus et émirs accompagnés de fantomatiques femmes en voile noir.

Saint Philippe du Roule et Georges V en semaine, c’est le bal des costards pressés. 20 minutes chronos pour engouffrer un sandwich végétarien à 10 euros. Le week end, seule la messe du dimanche déplace nos familles nombreuses aux pullovers sur les épaules.

Le huitième, c’est les riches au pluriel. Rentiers, banquiers, carriéristes, s’y côtoient dans une ambiance « café à 6 euros ». Une formidable mixité sociale de droite en somme.

Tout ceci, vous imaginez, est drôlement émoustillant à vivre au quotidien. C’est pourquoi, pour vous chers lecteurs, j’ouvre une nouvelle section sur ce blog, la chronique du huitième. Enjoy.

dimanche 17 décembre 2006

Mami France dit des conneries (pour changer) dans NextGen sur Europe2TV

Viendez me voir dire tout ce qui me passe par le ciboulot dans une émission sur les gonzesses et le High-Tech. Si vous avez pas de temps à perdre, c'est vers la fin : la nana pas nette avec un béret et un pull orange.



Après arrêt sur images, de toute façon, on pouvait difficilement faire pire...
Oui, je serais la première femme Cyborg avec un troisième bras, et alors !

vendredi 24 novembre 2006

L'improbable voyage du Tshirt le plus moche de Paris et autres aventures plus qu'anecdotiques.

Au commencement, un Tshirt d'une laideur incontestable : entre le fashion et le kitch sans jamais atteindre un des deux bords.

Le t-shit le plus moche de Paris, c'est rue Rivoli !

Vint le moment fatidique pour enfiler la chose : une journée précédent cette saugrenue soirée d'Halloween dans une entreprise peu ordinaire de la région parisienne.

Haloween, c'est plus sympa chez les testeurs

Puis LA soirée déguisée du siècle. L'annif de Fred, copain de David. Les séries télévisées à l'honneur, et des travers de porcs, en veux-tu en voilà, en quantité industrielle. Une des meilleures soirées de ma vie. Mon déguisement ? Bubble d'AbFab évidemment ! Quelle question...

Déguisement de séries télévisées, Bree Van de Kamp, Magnum, Alias, Bubble d'AbFab, Diana de V, Prison Break, Chips...

Bubble d'Absolutely Fabulous

Le destin de cette serpillière rose à paillettes enquiquinantes aurait du me mener à la Pink'd Party, mais mes clefs d'appartement en ont décidés autrement. Restée à l'intérieur de mon 18m carré, elles font de cette histoire, un sombre pamphlet sans chute.

Vous vous demandez alors pourquoi raconter cela. C'est la vie parisienne mon vieu. Artifices, soirées mondaines et vie d'entreprise. C'est la faute à mon régime Patsy Stone à base de bulles dorées ingurgitées lors de la Fanny's Party au Printemps. C'est la faute au temps qui me manque pour réfléchir, puis écrire.

Mince, je ne savais pas qu'on pouvait être occupé au point de ne plus penser. Même plus le temps d'être spectateur de mon abrutissement, juste une demi-heure pour en prendre conscience sur ce blog de merde. Pitoyable.

samedi 14 octobre 2006

C'est nous qu'on l'a inventé

Je l'savais, je l'savais !

Les ricains nous pillent tout, raaaaah ! La ville de Redmond ne serait qu'une pâle copie de notre Sèvres (92) national. Très connu pour ses processeurs en céramique et sa RAM en porcelaine, Sèvres incarne en réalité le berceau de la création informatique. Jugez-en par vous même.

Artiste résolument incompris...

    L'exposition "Repositionnable" en partenariat avec l'IESA et la RATP - ligne 14, propose une réflexion artistique autour de ce qui est pour Serge Comte un concept clef. Il indique la possibilité d'une position multiple, d'une existence nomade, d'une adhésion au contexte comme d'un détachement souverain. "Repositionnable" comprend aussi le clonage, la multiplication du (presque) même. "Repositionnable" renversera le rôle du regardeur, habituellement dévolu au spectateur. C'est lui qui se sentira observé par ce qu'il s'attendrait plutôt à regarder. Ce qui domine finalement cette installation éclatée d'un bout à l'autre de Paris, c'est l'idée de déplacement virtuel de vitrine en vitrine. Le métro permet un déplacement aussi bien physique que mental, un "repositionnement" sans fin, comme ces milliers de passagers qui se suivent, puis se quittent pour enfin, par hasard, se recroiser à la prochaine station.
Et mon cul c’est du poulet ?



Les bourgeois sont de dangereux espions

Si vous avez l’occasion de flâner de temps à autre dans les galeries marchandes des Champs Elysées, avez-vous été assez observateur pour remarquer qu’elles abritent une bonne dizaine de boutique d’espionnage ?

Entre peaux d’animaux morts, costards à une brique et mobilier rococo, vous pourrez également acquérir de magnifiques tenues de poulet, faux pétards et autres gadgets tout aussi exaltants.

Allez comprendre…

La question est : qui est assez canaillou pour acheter ces objets de bons goûts, et comment font les proprios de ces boutiques pour survivre économiquement dans les locaux commerciaux les plus prisés de Paris. Ich will eine réponse !

Espion es-tu là ?
Espion es-tu là ?

vendredi 22 septembre 2006

France désespérée

P’tit come back pour vous dire, mesdames et messieurs, que je passerais dimanche à 12h30 sur France 5 dans Arrêt sur Images. Sujet de l’émission : Desperate Housewives.

Autant j'avais promptement refusé de figurer à l'émission "c'est mon choix" sur la mode et le luxe ^^ (véridique), autant là, j'ai eu du mal à dire non - malgré mon sens innée pour la prise de parole en public - vu que j'aprécie fortement l'émission.

Soyons bref, ma presta était à chier, j’ai rien pu dire de fantastiquement drôle sauf « heu… oui mais non… en fait… », mais c’est plus la curiosité qui m’a emmené à accepter l’invitation qu’une réelle conviction.

(Penser à insérer un extrait de "messages à caractère informatif" illustrant un chercheur revenant avec des images extrêmes)

A part le fait que j’ai été une grosse bouse, c’était sympathique de voir un peu d’monde, de picoler un poil de champ’ avec Abiker et Schneidermann (l’ennemi affectif de Pierre Carles), la nana de Canal+ et du magazine Elle, ainsi que le scénariste de « Plus belle la vie ».

Jouli expérience, qui se renouvèlera p’t’être pas :]

A bientôt quand j’aurais enfin le net…

                 
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